La prise de parole en public sans stress est un art mais elle ne convient pas à tout le monde, mais pour ceux qui se sentent bien dans leur discours, c’est une expérience agréable et enrichissante. Le stress, ennemi numéro 1 de nos prises de parole en public. Mais diable pourquoi avoir si peur d’exprimer des idées ? D’où peut bien venir cette anxiété intense que nous ressentons s quand nous devons parler face à des gens ?
Comme si nous perdions nos moyens, que le temps s’arrêtait, que l’erreur nous observait afin de nous faire chuter. Se tromper devient alors un drame qu’il faut à tout prix empêcher.
Nos imperfections éventuelles, nos défaillances, ne doivent pas se voir, se savoir. Alors on stresse ! Les idées se brouillent, le débit s’accélère, le corps se recroqueville, la voix devient inaudible, les mots ne viennent pas, le cœur bat à la chamade, les yeux bougent dans tous les sens. Parler en public est pour beaucoup un supplice, un moment désagréable, qui nous terrifie, nous pétrifie. Rigidifié par le stress, notre cerveau archaïque déclenche le mode survie, il faut vite fuir ou lutter, se débarrasser de ce qu’on a dire et se cacher.
Ensuite, nous percevons le regard de nos interlocuteurs comme des juges inquisiteurs prêts à nous fusiller à la moindre occasion. Quand la parole nous tombe dessus, le stress pointe le bout de son nez et la maitrise de la situation devient difficile. Être vu, avoir l’attention fixée sur soi, voilà une souffrance terrible pour celui qui passe sa vie à vivre cachait sous des masques.
Je parle des masques sociaux, éducatifs, religieux, culturels, professionnels. Ceux qu’on arbore pour répondre aux attentes. Oui, pour exister, il faut être reconnu, aimer par les autres et surtout être conforme à leurs exigences. Au péril de notre individualité on s’adapte, la peur du rejet, de la solitude, sont bien trop forts pour que nous agissions autrement. Nous ne voulons pas décevoir, ni prendre le risque de subir moqueries et humiliations.

La gestion du stress
Pour la gestion de la prise de parole en public sans stress, perdre la face, encaisser les rire moqueurs, la désapprobation, est une éventualité anxiogène. Alors, nous ne parlons pas ou peu. A l’origine notre parole est spontanée, simple, limpide. Les enfants ont des paroles débordantes d’imagination. Puis, arrive les premières contrariétés. La parole se heurte au jugement des figures d’autorité : parents, professeurs, entraîneurs.
Nous apprenions alors que la parole prononcée peut rencontrer le mur des critiques. La rencontre avec ce mur est souvent douloureuse.
Pour ne pas revivre ce moment pénible nous subordonnons notre parole à l’impératif du vrai, du juste, du beau, du bien. La réprimande qu’occasionne les paroles ne rentrant pas dans ces canons, est douloureuse à supporter. C’est là que nous faisons l’apprentissage de la censure. Elle se manifeste d’abord à travers les figures d’autorités citées plus haut, puis s’autonomise. Avec Le temps, la critique n’est plus qu’extérieure mais intérieure.
L’observateur interne.
Ce critique interne nous observe. Avant et pendant nos prises de parole. Il émet des commentaires, tente de décrypter ce que l’auditoire pense et ressent.
Alors que je m’engage dans l’action pour parler, mon critique interne commente, juge, analyse.
Il exprime toutes les critiques qui m’ont été faites. L’auditoire devient terrifiant, car il réveille les blessures passées.
Premièrement, tout commence dans la tête. Ce qu’on imagine négativement génère des émotions, puis des sensations physiques, puis un comportement et un résultat in fine. Nous sommes là dans un cercle vicieux qu’on peut transformer en cercle vertueux. Comment ? en imaginant positivement sa prise de parole et utilisant la méthode Coué.
Emile Coué prétend que l’imagination est plus forte que la volonté. En s’auto suggérant consciemment des choses, on les fait naitre en soi.
C’est le fameux effet placebo/nocébo. La croyance bonne ou mauvaise dans le médicament que je reçois participe de ma guérison ou des effets secondaires.
Ensuite, se répétant quotidiennement qu’à tout point de vie tout vas de mieux en mieux, j’agis directement sur mes croyances, donc sur la manière de me sentir.
Se répéter régulièrement « je suis calme et confiant » ou « je suis convaincant et audible ». Maitriser le scénario mental, imaginer positivement le futur, est une première clé pour conditionner le cerveau à la réussite.
Comment faire face à ses émotions?
La peur balaye tout sur son passage. Quand elle s’installe en nous, tout peut très vite s’effondrer.
On redoute tellement d’avoir peur, qu’avant même qu’elle arrive nous la ressentons déjà. Elle nous désarme si facilement, dévoile nos faiblesses, nous expose aux moqueries. Alors comment faire pour atténuer ses effets ?
Comment voir la peur autrement?
Pour la prise de parole en public sans stress, voyez la peur comme une ennemie! Vouloir la vaincre la renforce. Ce qui est refoulé, existe toujours inconsciemment.
Pourquoi s’infliger autant de mal ? On ne vainc pas la peur, on vit avec. Elle sera toujours présente, il faut nécessairement faire avec.
D’ailleurs n’est-elle pas là pour nous protéger d’un danger qu’elle imagine advenir ?
Si c’est le cas, peut-on tenter de rassurer sa peur ?
La réponse est oui. Il est possible de diminuer les symptômes. Simplement en l’observant, la ressentant pleinement, en la laissant exister, en la nommant et en lui donnant une note de 0 à 10
Ne chercher pas à la contrôler, faite avec et pas contre elle. Prenez l’a par la main, rassurez là, écoutez là, et allez-y avec. La peur appelle la panique qui la renforce et ça peut vite devenir invivable.
Quand l’émotion est ressentie, observée, nommée, elle baisse en intensité.
De plus, avant une prise de parole faite lui un sourire et celle-ci sera alors votre alliée.
Gérer ses sensations, une autre clé pour prendre la parole en public sans stress
Pensées, émotions et sensations étant liées, il faut maintenant s’attaquer au problème que pose certaines sensations physiques pour gérer la prise de parole en public sans stress. Parler en public devient une rude épreuve quand le cœur palpite, les lèvres s’assèchent, la gorge se noue et le corps dans son ensemble se rigidifie. Voilà pourquoi, je dois sans cesse chercher le calme et la sérénité et ne pas laisser s’installer le doute et l’anxiété.
Deuxièmement, la méthode la plus simple, est de respirer en conscience et de modifier sa posture pour reprendre la maitrise de soi et de la situation. Le stress rend la respiration moins profonde, plus rapide et superficielle.
Cet état physique n’est pas propice à une bonne prise de parole sereine qui demande du calme et de la lucidité pour être réussie.
Pour cela, agir sur la respiration et le corps aura des effets bénéfiques et calmant.
La respiration lors de la prise de parole en public.
La respiration lors de la prise de parole en public.
Expirez d’abord pour vider l’air de vos poumons, restez deux seconde en apnée, puis inspirez de nouveau en bloquant l’air deux secondes avant d’expirer encore. de plus, répétez cet exercice une dizaine de fois.
La posture
Cherchez votre verticalité en prenant contact avec le sol. Vos pieds doivent être bien parallèles pour que le poids soit bien réparti. Le dos doit être droit sans être rigide. Avant de prendre la parole, ouvrez vos épaules pour votre plexus solaire soit bien visible et dégagé. N’oubliez pas d’ajouter un zest de sourire. En posturologie, il a été démontré que se tenir verticalement favorise la production de testostérone. Cela à l’avantage de booster la confiance en soi. A l’inverse, une posture fermée, triste, favorise la production de cortisol l’hormone du stress.
OLGA CIELSA, spécialiste en langage corporel, affirme que modifier sa posture peut tromper le cerveau. Enfin, un sourire, une posture ouverte et verticale envoient un message rassurant au cerveau qui peut ensuite déclencher une réaction propice.
Agir sur la pensée, les émotions et les sensations permet d’atténuer drastiquement les effets négatifs du stress.


